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charité

À dieu !

Elle n’aura pas eu la patience d’attendre le centenaire symbolique et les célébrations de circonstances pour s’en aller vers d’autres cieux, Madeleine Cinquin. Trépignant d’impatience, elle est partie, un mois avant de souffler ses cent bougies, retrouver l’Homme de sa vie, celui qui lui a offert l’absolu, Dieu, qui l’accueillera comme Sœur Emmanuelle ou plus simplement “mon enfant”…

Yalla !

À nouveau enfant, protégée, celle qui fut justement la protectrice des faibles, des pauvres, des laissés pour compte, des enfants que le monde ne regarde plus. Ceux pour qui la « crise mondiale » n’est qu’une péripétie sans substance, car leur vie ne peut pas se dégrader et ne sera de toute façon pas améliorée par les milliers de milliards que les gouvernements, tout d’un coup, sont capables de trouver miraculeusement (!). L’argent qu’ils ne pouvaient pas trouver pour sauver le monde, ils le trouvent pour sauver les riches.

Sœur Emmanuelle (Madeleine Cinquin)


Comme sa hâte à nous quitter se comprend, à l’aune de ces flagorneries répugnantes. Elle voulait certainement échapper à ça, à la légion d’honneur que sarkozy voulait lui coller, entre autres. Déjà, grand officier de cet ordre dont la destination semble n’être que la flatterie des sots, elle commentait sainement la chose : « Ça me fait une belle jambe ! »

Alors bien sûr, les charognards médiatiques (je veux dire médiatisés ou voulant l’être) se jettent sur sa carcasse, sarko en tête de peloton, pour recueillir quelques miettes de son aura. Je ne m’y tromperai pas, si elle méritait son auréole, ses ailes et tous les ornements de sainteté possibles, lui, comme la plupart des laudateurs tardifs et calculateurs, ne mérite que la damnation éternelle.

Juste une phrase à sauver de ce brouhaha, que j’ai saisie au vol : « sa vie doit servir d’exemple en cette période du règne de l’argent. » a commenté Ségolène Royal. Oh que oui…

« Vivre, c’est agir », disait Sœur Emmanuelle, mais espérons que son action ne s’éteindra pas avec sa vie et que, au même titre que l’Abbé Pierre, elle aura semé quelques graines dans le cœur de l’Humanité, qui finiront par germer. Même si je ne le verrai sans doute jamais, ni mes enfants, ni… Un jour, j’espère.