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Bordeaux

Black Metal in Barbey

Sir,

Suis bien rentré malgré la nouvelle autoroute A65 qui se transforme en immense miroir d'eau quand il pleut. Ça donne l'impression de naviguer sur un fleuve obscur s'enfonçant dans le néant. Le revêtement a manifestement été pensé par quelqu'un qui ne conduit pas quand il pleut.

Alors, salle quasi-pleine, nos jeunes amis en peaux de bêtes avaient remis ça avec de jolis kilts en plus. Ah, ce ne sont pas des jeunes à mèche ceux-là !

Metal Engaged © Hugues Alégria 2010


• Nothnegal (Îles Maldives - Death Metal): étonnant de voir ces jeunes typés océan Indien s'adonner au métal extrême. Ils sont dynamiques, pas prétentieux, plutôt bons techniciens (en death il y a intérêt à assurer) et s'attirent vite la sympathie du public. Comme quoi, pas besoin d'avoir grandit en Floride ou en Norvège pour avoir le gros son ! Détail intéressant, j'ai trouvé des sonorités indiennes dans leurs soli, original et frais... enfin autant que du death puisse l'être !

• Metsatöll (Estonie - Folk Metal) : grandiose, sublime, gloire à l'Estonie. Leur nom signifie "loup" en ancien Estonien. Leur musique combine le métal à la musique traditionnelle Balte. L'un deux alternera cornemuse, lyre médiévale, flûte et un espèce d'étrange mini sitar nordique. Très gros succès dans la salle, je suis personnellement en transe et regrette de ne pas pouvoir plonger dans une barrique de bière pour fêter ça. À revoir, si possible aux côté de Turisas!

• Rotting Christ (Grèce - Black Melodic Metal) : Bon frontman (Sakis Tolis) qui assure à la fois le chant et la lead guitar (comme Alex Laiho dans Children of Bodom). Il joue sur une superbe Flying V de luthier (sans doute une J. Nunis) et son charisme soulève la salle: un magnifique wall of death s'organise, bravo les bordelais. Encore une bonne surprise. En plus là aussi une ambiance ethnique avec des nappes de synthé ou de sampling reprenant des chants de lamentation méditerranéens qui se marient parfaitement au son lourd de leurs guitares.

• Samael (Suisse - Industrial Black Metal… oui ça existe) : Vorph s'avère lui aussi bon frontman, au chant et à la rhythm guitar. Pas de batterie, mais des séquenceurs pilotés par leur… padiste ça se dit ? Mélange des accords lourds du Black et des rythmes synthétiques, intéressant là aussi. Lyrics anti-religieux et anti-sociaux avec notamment un "Slavocracy" ravageur.

• Finntroll (Finlande - Folk Metal Extreme) : La tête d'affiche. Je m'attendais à un style Turisas - Metsatöll, avec encore plus de second degré… que nenni : de vrais guerriers finnois très crédibles, torses nus, le corps zébré de peintures de guerres rituelles, un mur de son, une détermination proche de celle des groupe de death, mais avec les mélodies finnoises traditionnelles au clavier qui soulignent chaque titre. Public définitivement en furie qui scande les paroles (qui sont en fait en suédois, car c'est la langue maternelle de nombreux finlandais).

Fin du set : 01h06, oops je cours après le dernier tram en vain (il quitte son arrêt sous mes yeux). Donc c'est le moment de montrer qu'un guerrier finnois ne craint ni le froid ni l'humidité sournoise. Une bonne petite marche forcée et me voici au parking de la Place de la Bourse. La route vers Furyana VI sous la pluie sera plus dure que prévu…

Ryker out.





Bien sûr qu'il faut les débaptiser !

DiversCités est la Fondation Européenne du Mémorial de la traite des noirs, basée à Bordeaux.

Triangle Doré - DiversCité


Elle a lancé la campagne "Débaptiser les rues de négriers?" concernant quatre villes, anciens ports négriers au 18ème siècle: Nantes, Bordeaux, la Rochelle et le Havre.

Leur démarche n'est pas de "culpabiliser" ou "diaboliser" ces municipalités ni la famille des négriers. C'est davantage une "initiative de justice et d'égalité urbaine. Mais aussi de tirer les conséquences juridiques, économiques et sociales de la qualification de crime contre l'humanité qui a été apposée sur ce commerce jadis si florissant."

DiverCités a donc envoyé un courrier à chaque maire des villes mentionnées. Seul le maire de Nantes a pour l’instant eu une réaction intelligente et décente.

Concrètement, les rues concernées seraient, du point de vue de DiversCités…

À Bordeaux : Rue Pierre Baour, Cours Balguerie-Stuttenberg, Rue Saige, Rue David Gradis, Place Lainé, Rue Colbert, Cours Journu Auber, Place Mareilhac, Place Ravezies, Passage Féger, Passage Sarget, Rue Gramont, Rue Emile Pereire, Rue de Kater, Place John Lewis Brown, Rue Daniel Guestier, Rue Wustenberg, Rue de Bethmann, Rue de la Béchade, Rue Thérésia Cabarrus, Place Johnston, Rue Fonfréde, Rue Bonnafé, Rue Desse, Cours Portal.

Mais, dans la même logique, je suis tout aussi choqué des rues, places et autres ponts françois mitterrand : n’oublions pas que l’individu défila avec des pancartes “les immigrés dehors” et fut décoré de l’ordre de la francisque gallique par pétain !

Et supprimons aussi les plaques napoléon premier, cette petite merde précurseur de sarkozy premier a non seulement rétabli l’esclavage, mais été un dictateur et un sauvage destructeur des nations et peuples de l’Europe.

Et la liste pourrait être longue, des salauds dont les noms ornent les rues de nos villes… pour encore longtemps.

Alors qu’il y a bien peu de rues Dalaï-lama ou Gene Roddenberry, tiens, par exemple.


La Belgique construit un château sur les quais de Bordeaux !

Quand le hasard fait bien les choses… oui, ça arrive encore.

Je cherchais des informations sur un mystérieux château sur les quais de Bordeaux, pour un ami.

Carte postale ancienne: Bordeaux, le port de la Lune on Flickr - Photo Sharing!


Et j’ai trouvé tous les détails sur le blog d’un Bordelais expatrié à Rome, Jean-Marie Le Ray. Blog que, du coup, je vais devoir écumer, car j’y ai découvert des centres d’intérêts proches des miens.

Ses articles sur les systèmes de traduction automatisés de Google, entre autres, sont passionnants, parce qu’ils ouvrent à des perspectives que Star Trek évoquait déjà.

D’autant que son pays d’adoption, l’Italie, qui m’a toujours attiré, a encore plus d’intérêt pour moi depuis que ma fille s’est découvert un attrait particulier pour la langue italienne et la culture de ce pays.


iBordeaux

Via Patrick, une nouveauté (bon, c’est sorti le 17 décembre 2009, pour être tout à fait précis) sur iPhone.

À Bordeaux sur iPhone…


Une application plutôt bien faite, pour s’informer sur l’actualité culture et loisirs de Bordeaux. Mis à jour quotidiennement, c’est le pendant pratique et mobile d’une des sections du site municipal. On pourrait l’imaginer encore plus utile et pratique, avec des favoris, des alertes, etc. mais pour ça, ils auraient besoin de m’embaucher comme chef de projet, je pense.

Au fait, je suis disponible, cher Monsieur le Maire. Mon email de contact est tout en bas à gauche de cette page, en cliquant sur “Contact”… ;o)

Souffrance…

Je n’ai pas eu le plaisir et le privilège de connaître Kristina Rady, mais cette interview, sortie des archives pour la circonstance (tragique) de son suicide en dit long sur elle et prend une dimension encore plus forte et émouvante, maintenant. Un personnage exemplaire. Tout le contraire de la famille trintignant ou de leur avocat, quoi.

Alors je cite, ci-dessous, l’article, car je ne vois pas ce que je pourrais y ajouter ou en soustraire. Juste dire la peine que je ressens pour ceux qui restent et renouveler mon soutien et mon admiration continus pour Bertrand Cantat, qui fait partie des êtres humains qui me font garder une once d’espoir pour l’avenir. Pour le plagier partiellement, j’ai le sentiment que nous sommes embarqués sur la même planète et que nous sommes décidément du même monde !




Publié le 18/01/2007 - Modifié le 11/01/2010 N°1645 Le Point
INTERVIEW (ARCHIVES)
Quand l'ex-épouse de Cantat voulait "maintenir Bertrand en vie"

Kristina Rady, la mère des deux enfants de Bertrand Cantat, le parolier et chanteur de Noir Désir, a mis fin à ses jours, dimanche, en se pendant à son domicile, à Bordeaux. Elle avait 42 ans. D’origine hongroise, elle avait soutenu sans faille son ancien compagnon poursuivi et condamné, le 24 mars 2004, à 8 ans de prison par un tribunal de Lituanie, pour avoir porté des coups mortels à sa nouvelle compagne, Marie Trintignant, au cours d’une violente dispute, le 27 juillet 2003 à Vilnius. Dans son édition du 25 mars 2004, soit quelques jours avant le verdict du procès Cantat, Le Point avait publié un long entretien avec Kristina Rady. Titre de l’interview : « J’essaie de maintenir Bertrand en vie ». En voici la version intégrale.



Le procès de Bertrand Cantat, poursuivi pour le meurtre de Marie Trintignant, est sur le point de s’achever à Vilnius (Lituanie). Le procureur a requis neuf ans de prison. Pendant les cinq jours de débats, une femme a impressionné l’auditoire par sa dignité, Kristina Rady, l’épouse de Bertrand Cantat, qui est aussi la mère de ses deux enfants. Avant l’énoncé du verdict, lundi prochain, Kristina Rady a accepté, en exclusivité pour Le Point, de se livrer, de raconter la façon dont elle a vécu le procès et ses sentiments aujourd’hui à l’égard de Bertrand Cantat.

LE POINT : Depuis le 27 juillet 2003, vous n’avez cessé d’écrire à Bertrand Cantat, de le voir en prison. Que lui dites-vous ?

Kristina Rady : J’essaie de le maintenir en vie. Je lui dis que ses enfants ont besoin de lui et qu’il a besoin de ses enfants. J’essaie de lui expliquer que ce qui s’est passé le 27 juillet 2003 ne peut pas altérer tout ce qu’il a fait avant. Bien sûr, la mort de Marie a rempli son coeur de peine et de culpabilité. Et cela à perpétuité.

Qu’est-ce qui vous fait tenir ?

C’est Bertrand qui m’a appris à être forte. J’ai passé douze ans auprès de lui - un tiers de ma vie -, je n’ai jamais rencontré un homme aussi incorruptible et honnête que lui. Il n’est pas devenu le porte-parole d’une génération par hasard. Je l’ai vu refuser des centaines de sollicitations afin de rester fidèle à ses idées et à ses engagements. Je l’ai vu résister à la gloire facile, au paraître, au mensonge. Il ne doit rien à personne : ce n’est pas un « fils de ». Tout ce qu’il a obtenu, il ne le doit qu’à son travail, à son talent.
C’est un homme qui mérite que je le soutienne, qu’on le soutienne. Le fait qu’il soit le père de mes enfants ne suffit pas. J’aurais pu quitter depuis longtemps la France avec Alice et Milo sous les bras. Si je suis restée, c’est parce que j’ai un profond respect pour Bertrand Cantat. Je suis venue témoigner à Vilnius parce que je sais que Bertrand dit la vérité. Si j’avais eu le moindre doute sur ce point, je n’aurais pas fait le voyage. Vous pouvez me croire : Bertrand n’a jamais levé la main sur quiconque avant le 27 juillet 2003. Ni sur moi ni sur une autre.

L’aimez-vous toujours ?

Oui, profondément. Comme on aime le père de ses enfants. Comme quelqu’un avec qui on a partagé dix années très fortes. Il demeure, à ce jour, l’homme le plus important de ma vie. Mais mes sentiments à son égard sont clairs, je n’essaie pas de le récupérer.

Je ne le défends ni comme une femme amoureuse ni comme une fan aveuglée. Je n’ai jamais succombé à la fascination. C’est pour cela qu’il est tombé amoureux de moi et qu’il a voulu partager ma vie. Bertrand n’aurait jamais pu vivre avec une groupie. Il n’aurait pas plus supporté une femme soumise.

Que pensez-vous du commentaire de Me Georges Kiejman, l’avocat de la famille Trintignant, selon lequel Bertrand Cantat a « de la chance d’avoir une femme comme vous » ?

C’est une tournure d’avocat très astucieuse et insidieuse. Me Kiejman choisit de me valoriser pour mieux dévaloriser Bertrand, comme s’il était une espèce d’ignoble personnage qui a eu la chance de croiser des femmes extraordinaires. C’est une façon inélégante de minimiser, voire de détourner mon témoignage.

Avant cette tragédie, je ne connaissais pas Me Kiejman, ni aucun autre avocat français, d’ailleurs. A présent, je l’ai vu à l’oeuvre : il est prêt à tout pour salir l’image de Bertrand. S’il avait été son avocat, je suis persuadée qu’il n’aurait pas hésité à étaler dans les médias la vie privée de Marie, qui contient ses zones d’ombre. Mais Bertrand ne l’aurait pas accepté.
Je suis fière d’être sa femme, même si je condamne son acte avec autant de vigueur que n’importe quelle femme.

On connaît l’épouse de Bertrand Cantat, mais on ne connaît pas Kristina Rady. Qui est-elle ?

J’essaie d’être une femme autonome. Bertrand m’a rencontrée au début des années 90, en Hongrie. A l’époque, j’étais un électron libre. Dans l’euphorie ambiante, je participais activement à la révolution postsoviétique. J’ai cofondé un journal politico-culturel d’abord clandestin, qui a contribué ensuite à l’explosion de la presse. Après l’insurrection de 1956, mon grand-père purgeait sa peine à perpétuité en compagnie de celui qui allait devenir le président de la Hongrie libre. J’ai participé à l’émergence d’une radio clandestine, qui deviendra ensuite le porte-parole des minorités ethniques et des femmes. J’ai été programmatrice du premier bar concert-café-théâtre de Budapest, de la première fête de la musique, et j’ai monté des émissions pour la télévision libre. Bertrand a vécu à Budapest avec moi. Là-bas, il n’était pas le leader de Noir Désir, mais l’amoureux de Kristina - et il en était ravi. Ce n’est pas Bertrand qui m’a demandé de quitter la Hongrie, au contraire. C’est moi qui ai décidé d’aller vivre en France pour lui rendre sa place : il avait besoin d’être à Bordeaux auprès de son groupe, de son cercle d’amis, pour créer. Les gens de Noir Désir sont extraordinaires, c’est une autre histoire très forte.

J’ai laissé beaucoup de choses derrière moi, mais je pensais que mon histoire d’amour était plus importante. Et puis j’avais envie d’entretenir de l’extérieur la flamme dans mon pays. Aujourd’hui, j’écris, je suis également traductrice littéraire et conseillère artistique pour différents festivals, comme la Nova Polska, la saison culturelle polonaise en France.

Avec le recul, comment expliquez-vous le coup de foudre réciproque de Bertrand Cantat et Marie Trintignant ?

Pour répondre, il aurait fallu que je connaisse bien Marie. Je sais seulement que tous les deux étaient des êtres extraordinaires, d’une grande douceur. Ils étaient en quête d’un amour absolu. Ils s’aimaient comme deux adolescents, d’une passion dont on rêve tous, mais qui peut perdre beaucoup de plumes sur l’autel du quotidien.

Bertrand a vécu avec très peu de femmes. Sûrement parce que c’est un homme très sincère et très entier. Il a aimé toutes ses compagnes très passionnément, très sincèrement. Je suis restée amie avec chacune d’elles. Peut-être, en vieillissant, Bertrand aimait-il de plus en plus fort…

Certains journaux ont parlé de « trahison », en opposant l’image publique et les engagements politiques et moraux de Bertrand Cantat à la violence de ses actes.

Je peux comprendre à quel point il soit choquant d’apprendre qu’une personne aussi honnête, admirée par beaucoup, puisse se rendre coupable d’un tel acte. Encore une fois, si Bertrand avait été mesquin, démago, arrangeur de vérité, la mort de Marie n’aurait pas causé un aussi grand choc dans l’opinion publique. Mais Bertrand n’a trahi personne. Ce drame nous montre à quel point l’être humain est fragile et comment les passions amoureuses peuvent nous mener sur une terra incognita. Là où votre vie peut déraper l’espace d’un instant, et vous détruire. La réalité est souvent plus complexe que ce que montrent les médias. Ce qui m’importe, c’est ma propre opinion. Et aussi protéger mes enfants. J’ai même été victime de mots et de confessions que je n’ai ni donnés ni confirmés sous forme d’articles venant de la presse people. Cependant, l’opinion publique n’est pas dupe. Chacun s’est fait son propre avis sur ce drame.

Depuis juillet 2003, vous avez toujours soutenu Bertrand Cantat. Vous arrive-t-il de penser à vous ?

Non, je n’en ai pas le loisir. Soutenir Bertrand passe avant tout. C’est cela qui lui permet de se maintenir en vie. Le reste de mon temps est consacré à nos deux enfants. Au lieu de passer des nuits blanches à gamberger, je traduis des pièces de théâtre et j’écris. Cela me tient également en vie. Je préfère publier ce genre de choses plutôt que d’étaler ma vie privée dans des Mémoires.

Par ailleurs, je reçois énormément de lettres de soutien, envoyées par des gens que je ne connais pas. J’ai aussi, et surtout, un tissu d’amis exceptionnels. Ce sont mes amis, mais ils ont énormément de respect pour Bertrand. Pendant le procès, nos enfants sont restés à Bordeaux, chez un couple d’artistes qui les protège. Ces amis et les proches de la famille n’ont pas forcément de gros moyens financiers, mais ils m’offrent du temps, leur disponibilité jour et nuit, une humanité de chaque instant. Noir Désir, non plus, n’a jamais abandonné Bertrand. Cela l’aide également à tenir.

Comment voyez-vous l’avenir ?

J’y réfléchis sans cesse, mais je ne parviens pas à l’imaginer. Je ne peux pas ne pas me projeter dans l’avenir ; mais le présent est à la fois trop dense et indécis.

Après le réquisitoire du procureur de Vilnius, Nadine Trintignant a parlé de vos enfants en disant que, par la faute de leur père, ils étaient devenus ceux d’un assassin. Comment avez-vous réagi à ces paroles ?

Ce sont des paroles indignes même de la part d’une mère qui souffre. Nadine Trintignant a perdu sa fille : je ressens sa souffrance. Mais sa douleur, si immense soit-elle, ne lui permet pas de mêler les enfants de Bertrand - qui sont aussi les miens - à cette tragédie. Ils ne sont pas responsables de la mort de Marie. Je suis profondément choquée par cette douleur qui s’exprime par la haine et réclame, finalement, le suicide de Bertrand. Bertrand a droit à la vie. On ne répond pas à une mort par une autre mort. Bertrand a commis un acte très grave. Il va être condamné pour cela. Puis il va devoir vivre toute sa vie avec la culpabilité de la mort de Marie. Et, par là-dessus, une mise à mort médiatique a été minutieusement organisée pour le déposséder de tout ce qu’il a fait avant cette tragédie. Il est inutile de vouloir lui infliger une quatrième peine. Bertrand n’a cessé de s’excuser sincèrement pour ce qu’il a fait. Nadine Trintignant a fermé son coeur. Son livre glisse de la vérité au mensonge. Mieux que quiconque, elle devrait savoir que ce n’est pas la vie qui s’inspire du cinéma ou du théâtre, mais le contraire.

Vous avez deux enfants, Alice, 1 an et demi, et Milo, 7 ans. Que leur avez-vous dit ?

Milo a toujours été élevé dans la vérité et la transparence. Je lui ai tout raconté, sauf l’incendie criminel de sa maison. La parole des enfants est extraordinaire. Ils posent des questions très différentes de celles des adultes. Milo a immédiatement pensé à ses petits frères - les enfants de Marie, qu’il considère ainsi. Milo aimait beaucoup Marie et ses enfants. Récemment, il m’a demandé s’il pouvait revoir ses « petits frères ». Je lui ai répondu que j’espérais que ce serait possible un jour. L’occasion de dépasser cette notion de clans.

Milo m’a demandé si Marie avait des copains à elle au cimetière, s’il y avait beaucoup d’arbres autour d’elle. Je lui ai répondu que oui. Il m’a aussi demandé si j’étais sûre que son papa n’allait pas mourir de chagrin en prison. Il voulait qu’on l’autorise à aller dormir au moins une nuit à côté de lui dans sa cellule, pour le consoler. Milo nous suivait toujours partout, notamment au théâtre ou aux concerts. Depuis le drame, à plusieurs reprises, des amis comédiens et de très nombreux amis musiciens ont proposé à notre petit garçon de venir les voir sur scène, comme avant. Chaque fois, il a refusé. J’ai cherché à comprendre pourquoi. Au début, il ne voulait rien dire. Alors, j’ai insisté. Il a fini par m’avouer qu’il aurait trop de peine à voir « les papas des autres » sur une scène.

Quel avenir imaginez-vous pour Bertrand Cantat ?

Il a toujours éprouvé une telle culpabilité pour les malheurs du monde en général... C’est pourquoi il était primordial, pour lui, de monter sur scène afin d’extérioriser ses souffrances et de transmettre, à travers sa poésie, un message d’espoir et de vie. Les oiseaux ne chantent pas en cage. J’ignore quel avenir la justice lituanienne lui réserve, mais je suis sûre qu’il a encore beaucoup à apporter. Nous avons besoin de lui.


A gig in a cube…

Evento 2009

Box Sized DIE featuring




João Onofre pays an homage to the American artist Toni Smith, by inviting a « death metal » band to perform inside a metal cube.

Biography: João Onofre

João Onofre (1976, Lisbon, Portugal) studied at the Lisbon University of Fine Arts and received his MFA from Goldsmiths College, London.

His work re-establishes a dialogue with the origins of video performance. Catriona Shaw sings “Baldessari sings LeWitt” re-edit, “Like a Virgin” extended version (2003) could be described as an improbable dialogue between a classic of contemporary art history and a modern pop counterpart. For Instrumental version (2001), he asked a chamber choir to sing a piece (The Robots) by the group Kraftwerk in order to explore the conceptual challenges involved in the passage from the electronic to the acoustic realm.

Onofre explores the inverosimile fluctuations between cultures and mediums, incessantly translating and transposing back and forth functions, times, locations and characters.

He had several individual exhibitions worldwide and participated in various group exhibitions including the 49th Venice Biennale, Youth of Today at the Schirn Kunsthalle in Frankfurt, as well as the Pompidou Center’s exhibition Vidéo, un Art, une histoire, 1965-2005 presented at the Sydney Museum of Contemporary Art, at the La Caixa Foundation in Barcelona and the Taipei Fine Arts Museum.




João Onofre rendra hommage à l’artiste américain Toni Smith en invitant un groupe de « death metal » à jouer dans un cube d’acier.

Biographie : João Onofre

João Onofre (1976, Lisbonne, Portugal) a étudié à l’Université des Beaux-Arts à Lisbonne, et a reçu son MFA de Goldsmiths College, Londres.

Son travail renoue un dialogue avec les origines de la vidéo performance. Catriona Shaw sings Baldessari sings LeWitt reedit Like a Virgin extended version (2003) pourrait être succinctement décrit comme un improbable dialogue entre un classique de l’histoire de l’art contemporain et un homologue moderne pop. Pour Instrumental version (2001), il demande ainsi à un chœur de chambre de chanter a capella un morceau (The Robots) du groupe Kraftwerk, passant de l’univers électronique à celui de l’acoustique, avec toutes ses implications conceptuelles.

Onofre travaille sur les fluctuations invraisemblables entre les cultures et les médiums, dans des allers-retours incessants de traductions et de transpositions des fonctions, horaires, lieux et personnages.

L’artiste a réalisé plusieurs expositions individuelles et a participé à plusieurs expositions de groupe dont la 49e Biennale de Venise, Youth of Today à la Schirn Kunsthalle de Francfort ainsi que l’exposition du Centre Pompidou Vidéo, un Art, une histoire, 1965-2005 présentée au musée d’Art Contemporain de Sydney, à la fondation La Caixa de Barcelone, au Musée des Beaux-Arts de Taipei.




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Je trouve ça tout simplement génial !

Dead Lazers

Merci à Alban de m’avoir signalé ce clip, tourné à Londres, malheureusement en son absence, pour cause de plus si jeune que ça ;)

Kap Bambino, j’adore. Et ce n’est pas seulement parce que c’est un couple de Bordelais et que Caro est une amie. C’est que c’est bien. Très bien. Tout simplement.


Dead Lazers



La chocolatine au pouvoir !

Il semble que le Bordeluche en ligne ait disparu, malheureusement.

Alors il va falloir se rabattre sur d’autres sources…

Commençons par exemple par les gadins et bouts de ficelle de Mamselle Poivert, qui nous livre ses mots préférés.

Moi, je regrette de n’en pas connaître assez. Et mes préféres, je m’attache à les transmettre à mes enfants, car c’est une palette de couleur supplémentaire dans leur imaginaire verbal…

Sans oublier que la chocolatine, par exemple, est un mot bien plus intelligent que “pain au chocolat”. Parce qu’une chocolatine, justement, ça n’est PAS du pain avec du chocolat, c’est une pâte proche de celle du croissant, avec du chocolat dedans.

Vous nous prenez pour des ploucs, les parisiens, à vouloir nous faire croire que c’est du pain avec du chocolat dedans ? Ou alors c’est que vous avez oublié à quoi ressemble le pain et quel goût ça a ?

Parce que nous, quand on mange du pain au chocolat, on appelle ça du pain au chocolat. Mais ce qu’on achète chez le boulanger, en sortant de l’école, pour goûter avant les devoirs, nous savons bien que c’est une chocolatine, pardi.

Et pour les macarons, quand vous aurez goûté ceux de chez Baillardran, vous cesserez peut-être vos prétentieuses extases devant ceux de Ladurée, qui n’ont de supérieur à nos macarons bordelais que leur prix, d’un snobisme ridicule.

Une douelle ou une gueille, une since ou gavé bien, ce sont des mots dont j’encourage l’usage au quotidien, parce que ça nous attache avec humour et douceur à nos racines, sans nous éloigner de la modernité et de la pratique de l’anglais au quotidien, lui aussi, car c’est l’esperanto du XXIe siècle.

Public(ité)

J’ai envahi une salle de danse. Enfin, mes tableaux plus exactement.

Ils ont pris leurs places naturellement dans ce lieu. Il y a même des traces qui sont nées sur les murs et sur les tables. Tout ce monde respire mieux.

Il fallait à ça un témoin. J’ai donc donc demandé à notre chère télévision locale de bien vouloir avoir la gentillesse d’envoyer un journaliste. Il a fallu lui répéter plusieurs fois pour que ça rentre mais elle (la chaîne de télé) a fini par comprendre. Tiphaine fût donc l’heureuse élue.

NumberOne s’était déplacé pour l’occasion et aussi pour voir quelles possibilités il aurait pour acheter une Canadienne. Merci Hugues d’être venu. C’est toujours un plaisir de te voir et de savoir que tu t’intéresses à ma production.

Donc.

Elle est venue avec sa caméra et son pied qui pése deux tonnes. Elle est restée deux heures et nous nous sommes donné un autre rendez-vous car elle avait peur de ne pas avoir assez d’images de danse.

Et elle a fait ça de toutes ces images et des vingt minutes d’interview :



C’est vraiment bizarre de se voir à la télévision, de s’entendre… C’est pas franchement agréable. Ce qui est bien, c’est que je vois maintenant à quoi ça ressemble quand je peins.
C’est loin d’être le début de la gloire… Quoi que…

Nous sommes allés chez Ikéa. Je cherchais les cartons plats super facile à emporter. T s’était installé avec H et l’iPhone. Je reviens en lui disant que le tabouret à roulettes est manquant et que les boîtes transparentes, y en a plus. Et là, avec des yeux étonnés, il me dit : « Je viens d’entendre quelqu’un dire “Regarde, c’est la fille qui peint avec ses pieds, sur la toile. Je l’ai vue à la télé !”. Alors j’ai dit “Oui, c’est elle”. Tu te rends compte, on t’a reconnu. »

Presque le début de la gloire, non ?