http://www.one.org

Pas de possibilités d'évolution.

Ce soir, comme tous les soirs, je descends pour sortir le chien.

J'ouvre la porte d'en bas.

Mon Clarus se précipite parce que là, il était temps qu'on descende.

Une fois dans la rue, j'entends un bruit d'eau qui coule. Vu le volume et la puissance, je pense que c'est une canalisation défectueuse qui coule dans le caniveau directement.

Non, ce n'est pas ça.

C'est un mec qui pisse (y a pas d'autre mot) entre deux voitures garées.

Il me tourne le dos.
Je le fixe et maintiens mon regard jusqu'à ce qu'il ait fini.
Il finit (enfin !), se retourne, me regarde mais ne dit rien.

Là, c'est trop. Ce coin de rue est devenu un spot à pisse. Ça sent le fennec qui croupit quand on passe.
C'est plus possible. Je décide de passer en mode "françoiisation".

- "C'est vrai que c'est pas comme s'il y avait des gens qui habitent là !" lui dis-je.
À ce moment-là, Clarus lève la patte pour se soulager sur une des roues d'une des voitures qui entouraient ce porc. Comme je m'y attendais, il me dit :
- "Ben oui… Comme le chien !"
(Je pense que là , il s'est dit qu'il m'a bien cloué le bec. Ben non, car je suis en mode "françoiisation".)
Il commence à partir en courant, me faisant dos.
- "Ah, parce que vous êtes un chien. Je comprends mieux !"
Il ne s'arrête pas. Moi non plus.
- "C'est drôle, je pensais qu'on avait évolué !".

J'ai pensé "connard" très fort mais je n'ai rien dit. Je m'oblige, dans des circonstances comme celles-ci, à rester polie.

Mais putain, c'est pas l'envie qu'il me manquait d'être vulgaire et grossière, et de l'obliger à vivre là, dans la rue, à respirer cette odeur fétide qui persiste !